« Le mal n’existe pas », humaine nature



Le Mal n’existe pas / Ryûsuke Hamaguchi / 1 h 46.

Un travail autour de Tchekhov dans Drive my car, des clins d’œil rohmériens dans Contes du hasard et autres fantaisies… La parole était reine dans les deux derniers films de Ryûsuke Hamaguchi. Changement de cap avec son nouvel opus, Le Mal n’existe pas, grand prix à la dernière Mostra de Venise, amplement mérité. Il faut attendre une dizaine de minutes pour entendre les premières paroles, puis presque autant pour assister à une vraie conversation.


Sur le même sujet : « Contes du hasard & autres fantaisies », de Ryusuke Hamaguchi : À la croisée des chemins

Auparavant, on est au cœur de la forêt avec Takumi (Hitoshi Omika) qui coupe du bois pour le chauffage, remplit des bidons d’eau de source claire, se promène avec sa fillette, Hana (Ryo Nishikawa), qui apprend à reconnaître l’essence des arbres. Cette longue ouverture panthéiste et contemplative (où l’on ressent dans la bouche jusqu’au goût du wasabi frais) n’a rien de gratuit. Elle prend tout son sens quand débarquent de Tokyo deux émissaires d’une opération d’implantation touristique de glamping, contraction de glamour et camping (si, si, ça existe !)

Le Mal n’existe pas a des résonances écologiques. Avec une séquence de confrontation avec les villageois qui n’est pas sans rappeler celle de Dark Waters, de Todd Haynes. Mais ici, les locaux ne se laissent pas faire. Ils connaissent la région, savent qu’on ne peut traiter les eaux usées n’importe où, se montrent rationnels. Takumi écarte même l’argument identitaire de ceux qui sont là depuis toujours : leurs aïeux, fraîchement…

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Auteur: Christophe Kantcheff