L’annonce d’élections anticipées pour le 23 février prochain est un tournant dans la crise politique latente qui ébranle la première puissance d’Europe. L’éclatement de la coalition entre sociaux-démocrates, Verts et libéraux cristallise les effets de la récession économique, elle-même inscrite dans une trajectoire déclinante de plus long terme, et les divergences en matière de politique étrangère, en particulier au sujet de l’Ukraine.
Sur le plan politique, l’impopularité du bloc gouvernemental semble profiter avant tout à l’extrême droite incarnée par l’AfD. Mais, plus récemment, le paysage à gauche connait à son tour un bouleversement d’ampleur, l’effacement de Die Linke ayant permis la percée du nouveau parti de Sahra Wagenknecht, dont la combinaison de propositions sociales, d’opposition aux guerres en cours et de positions anti-migrants aux tonalités islamophobes suscite de fortes controverses.
Dans cet article Leandros Fischer, enseignant à l’université d’Aalborg (Danemark) et ancien militant de Die Linke, propose une analyse d’ensemble du malaise allemand. Sa focale porte plus particulièrement sur les reclassements en cours à gauche, sur fond de criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine et de militarisation croissante des politiques allemandes et européennes.
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Ce n’était pas vraiment une surprise. Le chancelier allemand Olaf Scholz, qui n’est pas le plus charismatique des orateurs, a prononcé un discours inhabituellement énergique le 6 novembre dernier, et annoncé le limogeage de son ministre des finances, Christian Lindner, du parti ultra-néolibéral des Libres Démocrates (FDP). L’Allemagne se dirige maintenant vers des élections anticipées, qui auront lieu le 23 février.
L’annonce du limogeage de Lindner a sans doute surpris, mais elle n’était pas inattendue. La coalition SPD-Verts-Libéraux, au pouvoir depuis 2021, s’est révélée…
Auteur: redaction

