À partir des apports d’un des pionniers du marxisme écologique, James O’Connor, il s’agit de redéfinir l’État comme interface entre le capital et la nature et d’expliquer la manière dont la seconde contradiction du capitalisme traverse l’État. Cela permet de repenser d’un point de vue écomarxiste les termes du débat stratégique sur le devenir et la fonction de l’État dans la révolution.
Relire la théorie marxienne de l’émancipation
En réponse aux dérèglements planétaires, les climatologues du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) préconisent une « planification de long terme », une « transformation des procès de production » aussi bien qu’une « justice climatique et sociale »[1]. Si ces recommandations peuvent laisser penser que le GIEC remet en cause la maximisation du profit à court terme propre au capital, son horizon politique se limite en réalité à la réorientation de la société capitaliste vers une trajectoire de neutralité carbone à l’horizon 2050[2]. Par sa visée émancipatrice à l’égard du capitalisme fossile, le programme écomarxiste revendique une portée plus radicale. Déterminer dans quelles conditions il est possible d’hériter de la conception marxiste classique de l’émancipation suppose dès lors de réévaluer les fondements du communisme et de la stratégie révolutionnaire.
Rappelons-en l’essentiel. Le communisme marxien désigne non pas un « idéal » abstrait, mais un « mouvement effectif » logé au sein des contradictions immanentes du mode de production capitaliste[3]. Selon l’interprétation certes controversée du philosophe G. A. Cohen, l’avènement du socialisme est pensé par Marx suivant le modèle de l’« entrave » (fettering)[4]. Le dépassement de la rareté naturelle permis par le développement des forces productives que l’auteur désigne comme la « grande influence…
Auteur: ugopalheta

