Alors que les éleveureuses luttent pour défendre l’autonomie et la survie économique de leur ferme, on remarque que les animaux abattus sont complètement absents de leur discours. La confédération paysanne revendique le retour à l’abattage sélectif. Pourquoi ne pas plutot envisager la fin de tout abattage ?
Malgré toutes les difficultés rencontrées par les éleveureuses, nous refusons de les placer comme les premières victimes de la crise engendrée par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui frappe les bovins.
Non, les premières victimes sont bien ces vaches, veaux et bœufs abattus en nombre pour limiter la propagation de la maladie et maintenir l’économie de la filière. Les discours des éleveureuses et des médias qui les amplifient donnent à penser les animaux d’élevage comme de simples ressources à exploiter, du minerai de viande à extraire, alors qu’il s’agit d’êtres sentients capables de ressentir, tout autant que nous, peurs et joies, anxiétés et colères, d’individus animés par des intérêts propres à leur espèce et leur individualité, notamment celui de vivre une vie entière et sans souffrance.
Les éleveureuses évoquent des « massacres injustifiés » pour décrire l’abattage total de leurs troupeaux dès qu’un cas de contagion est détecté, entraînant l’euthanasie d’individus sains. Mais un massacre peut-il vraiment être justifié ? L’envoi quotidien de plus de 10 000 vaches et veaux par jour à l’abattoir, ce qui constitue le régime ordinaire du rendement de l’élevage en France n’est-il pas un massacre encore plus énorme et encore plus injustifiable ?
La mise à mort des troupeaux atteints de DNC devient insupportable aux éleveureuses parce qu’ils en perdent la maitrise et craignent, à juste titre, des conséquences économiques en plus des répercutions psychologiques que l’on entend. Mais soyons honnêtes, du point de vue de l’animal tué, son exécution reste…
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