Le matador maudit

Après la publication des pensées post-corrida de Louise Chennevière et les objections affûtées d’un lecteur, c’est au tour de Jean Christophe Herveet de proposer une autre histoire de corrida, tirée de ses « recherches ethnologiques fantaisistes ».

J’avais quelques jours de libres dans le sud de la France, entre une conférence à l’Université de Montpellier et une autre au sein de l’AAAA (Association Arlésienne des Archéologues Amateurs) et je décidais de mettre ce temps libre à profit pour ranimer mes vieilles connaissances ornithologiques, et aller en Camargue observer hérons, aigrettes, foulques, tadornes, ibis, les fascinants rapaces et les flamands roses à l’air stupide.

J’avais donc pris pension dans une modeste auberge à Sommières, très jolie ville médiévale aux petites ruelles étroites et ombragées, dominée par un majestueux château fort.

Après avoir défait ma malle dans la chambre fraîche aux volets clos et aux toilettes sur le palier, je descendis pour m’offrir une petite absinthe. On m’installa sous une tonnelle fort agréable, et l’on me servit mon absinthe. Commençant à la déguster, je remarquai à une table proche de la mienne un monsieur qui semblait très âgé. Son visage tanné par le soleil était sillonné de rides profondes. Il avait un geste étonnant : il portait régulièrement ses doigts à sa bouche, d’une façon très particulière. Ecartant les lèvres, il rentrai son pouce et son index dans sa bouche comme s’il y repoussait quelque chose. Je compris très vite qu’il portait un dentier qui, mal ajusté, devait sans cesse être remis en place.

Comme je suis d’un naturel avenant, et surtout très curieux, je lui fis un salut de la tête et un sourire, qu’il me rendit sans ouvrir les lèvres mais avec une lueur engageante dans le regard. Après avoir échangé quelques banalités sur la chaleur, les bienfaits de l’ombre et les vertus de l’absinthe dont il fallait cependant se méfier, nous fîmes plus…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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