Avec l’ouverture du Mondial de l’auto, qui attire l’attention sur les dernières innovations automobiles, le collectif Résistance à l’agression publicitaire (RAP) remet en question cette vision avec la publication d’un rapport percutant intitulé « Stop à la pub automobile — La voiture à l’assaut de notre imaginaire ». Ce document inédit — qui épluche 137 publicités diffusées entre septembre 2022 et septembre 2023 — met en lumière l’influence des publicités automobiles sur notre perception de la voiture et leur incompatibilité avec les objectifs climatiques.
Le collectif y expose comment les constructeurs continuent de promouvoir des véhicules lourds, polluants et puissants, tout en évitant les mesures de sobriété nécessaires. L’association, dont Khaled Gaiji est chargé de mobilisation, propose des solutions radicales pour en finir avec l’hégémonie de la voiture individuelle dans l’espace publicitaire.
Reporterre — Votre rapport met en lumière une « pression sans égale » exercée par la publicité automobile. Comment se manifeste-t-elle concrètement dans nos vies ?
Khaled Gaiji — La pression publicitaire est omniprésente, surtout dans les médias. Dès qu’on allume la télévision, qu’on ouvre un journal ou qu’on marche dans la rue, on est bombardé de publicités, et celles sur l’automobile n’échappent pas à cette règle. Elles sont moins visibles dans les espaces publics comme les métros ou les gares, on les voit principalement sur des panneaux adressés aux automobilistes, notamment ceux placés le long des routes. On les retrouve aussi beaucoup à la télévision et dans la presse quotidienne.
Cela représentait, en 2019, 28 pages de presse par jour et 318 718 affiches dans l’espace public sur l’année. Mais aussi 8 h 45 de spots par jour, toutes chaînes confondues. Ce chiffre est impressionnant : cela correspond à dix-sept journaux télévisés ou à une journée de…
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Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

