Quel impact de #MeToo et des nouvelles approches féministes sur les masculinités ? Une enquête montre qu’au sein des jeunes générations, la figure du « mec déconstruit », c’est-à-dire conscient des stéréotypes de genre et soucieux de la condition des femmes, est désormais valorisée.
Lauréat du Prix Un Certain Regard au Festival de Cannes 2023, How to Have Sex de Molly Manning Walker met en scène trois lycéennes des classes populaires anglaises – Tara, Skye et Em – qui sortent en boîte de nuit avec d’autres jeunes. L’un d’eux, Baddy, incarne une forme de masculinité « virile » : plein d’assurance, il se montre entreprenant avec les filles et finit par violer Tara. Badger, au contraire, est timide et soucieux des émotions de l’adolescente. Au sein de son groupe de pairs, le premier s’avère largement plus influent que le second. En revanche, Badger semble avoir plus de succès auprès des filles.
Acclamé par la critique pour son réalisme, le film suggère que si, auprès des hommes, c’est toujours l’attitude masculine conquérante qui est valorisée, la démonstration de virilité semble moins payante auprès des jeunes femmes, y compris dans les classes populaires. Ce long-métrage et son succès traduiraient-ils une recomposition des styles de masculinités valorisées depuis #MeToo ?
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Dans mon travail doctoral portant sur la culture du consentement, je me suis intéressée à cette recomposition. Mon enquête cherche notamment à déterminer si les hommes les plus valorisés – tant auprès des femmes que de leurs pairs hétérosexuels – sont toujours les « mecs virils », à l’aise pour séduire (quitte à insister si leur cible n’est pas…
Auteur: Rébecca Lévy-Guillain, Ined (Institut national d’études démographiques)

