Le « mensonge » de l'État pour freiner la sortie des pesticides

Un retour en arrière « de quinze ans ». C’est ainsi que l’association de lutte contre les pesticides Générations futures décrit le nouveau plan Écophyto du gouvernement. Dévoilé dans Le Parisien et sur France Info le 3 mai, le plan de réduction des pesticides du gouvernement doit officiellement être présenté le 6 mai. Baptisé Stratégie Écophyto 2030, il met en rage les défenseurs de l’environnement.

La révision de ce plan avait été amorcée il y a plus d’un an. Une première version avait été mise en consultation fin octobre 2023. Puis le plan avait été mis en « pause » pendant les contestations agricoles au début de l’année. La nouvelle mouture — que Reporterre a pu consulter — était donc très attendue. Cette fois-ci, pas de consultation, « on la découvre en même temps que vous », regrette le porte-parole de Générations futures, François Veillerette. L’association dénonce un plan qui vient avant tout « donner satisfaction » au syndicat agricole dominant, la FNSEA.

Un nouvel indicateur contesté

Le ministre de l’Agriculture défend une ambition intacte, avec toujours le même objectif de réduction, d’ici 2030, de 50 % de l’usage des pesticides par rapport à la moyenne des années 2011-2013. Un « mensonge » pour Générations futures, puisque la façon de mesurer ce résultat va changer. Le plan confirme que l’indicateur de référence sera désormais celui utilisé au niveau européen, le HRI1, et plus celui qui était utilisé depuis les débuts d’Écophyto il y a quinze ans, le Nodu (nombre de doses unité). Un choix qui correspond effectivement à une demande de la FNSEA et du lobby des pesticides Phyteis.

Le HRI1 pondère l’usage des pesticides par leur dangerosité. Cela permettra d’avoir un indicateur harmonisé avec nos voisins européens et de « prioriser les molécules les plus dangereuses », défend le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, dans Le…

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Auteur: Marie Astier