Derrière la colère paysanne, une autre lutte émerge : celle des malades. Pour Fleur Breteau, fondatrice du collectif Cancer Colère, le Mercosur et l’agriculture industrielle organisent une véritable guerre sanitaire, menée contre les corps.
Mardi à l’aube, le périphérique parisien a été brièvement bloqué porte de Montreuil par plusieurs dizaines d’agriculteurs de la Confédération paysanne, soutenus par des militants associatifs et des collectifs de malades. Une mobilisation à laquelle a assisté notre journaliste Andrei Manivit, sur place dès les premières minutes.
Six tracteurs ont ralenti la circulation peu avant 7h30. L’action visait à dénoncer la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire, responsable de l’abattage de milliers de bovins sains, mais aussi l’adoption de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. Pour les manifestants, ces décisions illustrent un même choix politique : sacrifier les paysans au profit d’un modèle agricole industriel tourné vers l’exportation.
Après l’opération escargot, les manifestants quittent le périphérique avec l’accord de la police pour rejoindre la place de l’Étoile. C’est là que la situation dégénère. Deux porte-parole nationaux de la Confédération paysanne, Thomas Gibert et Stéphane Galais, sont interpellés
« Ils ont couru et ils ont sauté sur Thomas Gibert. Ils étaient là pour lui » – Fleur Breteau
Témoin direct de la scène, Fleur Breteau, fondatrice du collectif Cancer Colère, filme l’arrestation. Elle raconte une intervention soudaine : « On marchait paisiblement. On ne nous a rien dit. Et d’un coup, ils ont couru et ils ont sauté sur Thomas Gibert. Ils étaient là pour lui. » Pour elle, il ne s’agit pas d’un hasard : « Ils ont ciblé un représentant syndical. C’est une atteinte grave à la démocratie et à la représentation paysanne. »
Fleur Breteau dénonce un…
Auteur: Le Média

