Le metal : un style musical masculin ?

L’exposition « Metal. Diabolus in musica » à la prestigieuse Philharmonie de Paris contribue à l’évidence à accroître la notoriété et la légitimité de la musique metal (entendue au sens large). Au-delà de cette manifestation singulière et innovante, la musique metal en France reste toujours associée à des stéréotypes tenaces, notamment liés au genre ; le champ médiatique, notamment, tend à restreindre la musique metal à un univers typiquement masculin.

Les enquêtes « Les pratiques culturelles des Français » réalisées par le ministère de la Culture permettent de relativiser l’engouement pour la musique metal et le hard rock en France. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles ce genre musical est quasi-absent des offres musicales à la télévision et sur les principales ondes radiophoniques, mais avec, paradoxalement, un festival pour le moins notoire et réputé, le Hellfest dans la région nantaise. Seuls 4 % des Français en 1997 et 7 % en 2008 écoutent « le plus souvent » de la musique metal et du hard rock (contre, par exemple, 68 % pour la catégorie « chansons et variétés françaises » en 2008). Les hommes, plus que les femmes, indiquent apprécier ce style musical en 2008 : 11 % des hommes déclarent écouter « le plus souvent » du metal/hard rock contre seulement 4 % des femmes.

Au sein du public du festival Hellfest, l’un des plus gros festivals français, les festivalières ne représentaient que 3 % du public lors de la première édition de 2006 selon les organisateurs. Si, lors de l’enquête statistique menée par nos soins en 2011, les femmes ne représentaient que 18 %, la proportion de festivalières en 2015 (lors d’une seconde enquête) était de plus de 24 % puis 27 % en 2022 (données recueillies par C. Charbonnier), ce qui témoigne d’un processus continu de féminisation.

Des représentations sexistes et hétéronormées

De nombreuses raisons…

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Auteur: Christophe Guibert, Sociologue, Professeur des universités, Université d’Angers