Le métro ou les arbres : à Paris, le prolongement de la ligne 1 sème la discorde

Bois de Vincennes (Paris), reportage

Faut-il sacrifier des arbres pour prolonger une ligne de métro ? Faut-il désenclaver certains quartiers au risque de les gentrifier ? Telle sont les délicates questions posées par le prolongement de la ligne 1 du métro à l’est de Paris, au-delà du château de Vincennes.

D’un côté, des associations écologistes refusent qu’on ampute le bois de Vincennes, poumon vert de la capitale. De l’autre, Île-de-France Mobilités, en charge du chantier, explique vouloir répondre aux besoins de transports publics.

L’enjeu de la discorde se trouve à l’orée du bois, le long de l’avenue de Nogent. Une bande d’environ un hectare où les travaux se feront à ciel ouvert. Bruit, poussières, passages de camions viendront perturber cet endroit cossu à quelques mètres du château de Vincennes.

« Les gens ne se rendent pas compte, pendant huit à diz ans les machines vont massacrer le sol », s’exclame Marie-Noëlle Bernard, membre du collectif Touche pas à mon bois. Celui-ci a estimé qu’entre 221 et 337 arbres seront sacrifiés en fonction du scénario retenu. Des abattages qualifiés « d’écocide » par les opposants.

« Si nous avions pu faire autrement, on se serait bien passé de les couper »

« Si nous avions pu faire autrement, on se serait bien passé de les couper mais nous n’avons pas d’autre solution », assure Arnaud Crolais, directeur des infrastructures chez Île-de-France Mobilités.

Trois nouvelles stations de métro pourraient être construites : Les Rigollots, Grands Pêchers et le terminus à Val-de-Fontenay. Soit 5 kilomètres de souterrains pour améliorer la desserte des quartiers du sud de Fontenay-sous-Bois et de Montreuil, aujourd’hui mal desservis. De quoi transporter 80 000 à 90 000 voyageurs par jour à l’horizon 2040, pour un coût estimé à 1,7 milliard d’euros.

Ce budget avait poussé la commission d’enquête publique à…

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Auteur: Laury-Anne Cholez, Valentina Camu