Le Milieu des mondes

Le traitement de l’actualité internationale, et particulièrement de celle du Moyen-Orient, par les médias mainstream, peut faire croire que les conflits qui déchirent la région relèvent en dernière instance d’antagonismes religieux irréductibles – entre obédiences de l’islam : sunnites et chiites, ou entre juifs et musulmans (sans parler des autres « minorités » comme les Druzes ou les différentes Églises chrétiennes dites « d’Orient », entre autres). Le mérite de du livre de Jean-Pierre Filiu est de nous faire découvrir une histoire autrement complexe où les constructions étatiques et politiques, puis la colonisation et enfin les manœuvres des grandes puissances extérieures à la région tiennent au moins autant de place que les religions. Pour autant, il ne verse pas dans la mythification de cette complexité, trop souvent évoquée à travers cette citation du général de Gaulle : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples ».

Bien au contraire, Jean-Pierre Filiu, professeur des universités en histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris, propose avec ce livre un travail de vulgarisation au bon sens du terme. Et certes il n’est pas facile d’en rendre compte ici, tant la période couverte est longue et les événements à traiter nombreux.

Le choix d’une histoire politique, y compris dans le domaine religieux, prévient-il dans son texte d’ouverture : « Une histoire laïque », amène à accorder une attention prioritaire aux processus de constitution des pouvoirs et à leurs espaces de domination. C’est pourquoi les frontières et les batailles seront régulièrement évoquées, sans fascination aucune pour les développements militaires, mais parce qu’on se bat beaucoup au Moyen-Orient, et ce jusqu’à aujourd’hui. Cette prégnance de la guerre a d’ailleurs transformé la région en une épouvantable « terre de sang » à au moins quatre reprises, lors des deux…

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Auteur: dev