Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher), reportage
Depuis la route départementale, impossible d’apercevoir le château. Typiques de l’architecture du coin, seules quatre maisons de briques marron et à pans de bois se distinguent. À l’initiative de la Coopération des luttes locales du Centre, le 26 avril au matin, une trentaine de militants sont rassemblés devant le domaine de Chalès, situé sur la commune de Nouan-le-Fuzelier.
L’objet de leur gronde tient en un nom : Pierre-Édouard Stérin, ce milliardaire ultraconservateur anti-IVG, admiratif de Donald Trump, exilé fiscal en Belgique et qui a fait fortune en lançant en 2003 les coffrets cadeaux Smartbox. Désirant mettre sa fortune au service du « redressement de la France et de la promotion du Christ », il prévoit d’ouvrir en septembre prochain sur ce domaine un pensionnat catholique hors contrat avec l’Éducation nationale, et réservé aux garçons. L’Académie Saint-Louis accueillera 600 élèves pour des frais s’élevant de 4 500 à 14 500 euros par an. Quatre niveaux de collège seront ouverts, puis un lycée l’année suivante.
Sur le site du futur établissement, la charte de « l’éducation intégrale » issue du réseau Saint Joseph Éducation donne à lire le projet en ces termes : « Chaque enfant reçoit sa dignité de Dieu. Notre ambition procède d’un regard qui vise pour lui le meilleur, la sainteté. »
Derrière ce texte se trouve François-Xavier Clément, ex-directeur du lycée privé catholique Saint-Jean de Passy, auteur de La Voie de l’éducation intégrale, un livre dans lequel l’éducation est décrite comme le « premier terrain de lutte idéologique » et donc le « premier terrain de reconquête pour ceux qui veulent s’investir dans la société ».
Bastion des milliardaires d’extrême droite
À Nouan-le-Fuzelier, il est environ 10 h 30 lorsque les militants se regroupent devant le petit portail en blanc décati de ce…
Auteur: Fanny Marlier

