Encore très controversée, la séquestration du carbone est l’une des possibilités qui seront analysées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), dans le troisième volet de son sixième rapport d’évaluation, dévoilé le 4 avril prochain. Préparé par le groupe de travail n°3, il portera sur l’atténuation du changement climatique. Pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, les experts issus de disciplines variées, et notamment de l’économie et des sciences sociales, analyseront par exemple la pertinence de l’emploi des renouvelables, les mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique ou de maîtrise des consommations… mais aussi des techniques plus remises en cause, comme celles liées à la séquestration du carbone, qui séduisent les secteurs de l’énergie, des transports et de la finance.
L’idée est de séquestrer le carbone dans les sols, les forêts, les océans, et également par le biais de la biomasse et à l’aide de moyens technologiques. Selon le rapport du consortium Energy Transitions Commission publié le 9 mars, réduire nos émissions de gaz à effet de serre ne sera pas suffisant pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Pour y parvenir, il faudra combiner toutes les solutions possibles pour évacuer le carbone de notre atmosphère. Mais alors que le Giec appelle à changer notre modèle de développement pour limiter le réchauffement, le consortium — qui regroupe de grandes entreprises de l’énergie, des transports et de la finance — estime que l’objectif est tout simplement inatteignable, à moins que nous ne développions ces solutions de captation du carbone.
Faire « peu d’efforts de réduction des émissions »
Le groupe de réflexion déroule son argumentaire, chiffres à l’appui. En supposant que nos sociétés empruntent la voie la plus rapide pour réduire leurs émissions, « le monde aura besoin de séquestrer entre 70 et 220 milliards de tonnes (Gt) de carbone supplémentaire d’ici 2050 » pour atteindre nos objectifs climatiques, avance-t-il. Pour arriver à de tels chiffres, les experts ont comparé trois scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le premier constitue la trajectoire de référence qui permettrait de ne pas dépasser les 1,5 °C de réchauffement climatique. Calculé par le Giec, il précise que nous disposons, entre 2020 et 2050, d’un « budget carbone » de 500 Gt. Les deux autres prévoient des trajectoires de réduction des émissions de gaz…
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Auteur: Violaine Colmet Daâge Reporterre

