L’arrestation brutale de Nicolás Maduro par les États-Unis de Trump sous le prétexte fallacieux de narcotrafiquant, non repris par le procureur de New York, a été dénoncée. L’usage de la force pour capturer un chef d’État en exercice constitue un acte politique qui affaiblit le droit international et légitime la puissance au détriment de la démocratie.
Donald Trump, fidèle à sa doctrine « America First », assume sans complexe cette ingérence musclée. Le Venezuela est une cible stratégique pour ses ressources naturelles à exploiter au seul bénéfice des entreprises états-uniennes. Ce cynisme réactualise la doctrine Monroe, légitime toutes les aventures impérialistes et pose un précédent dangereux. Demain, tout État récalcitrant (le Groenland, le Canada…) à la volonté trumpienne deviendra une cible légitime. Rien ne justifie ce retour assumé à la loi du plus fort.
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Nous pouvons débattre de la nature du régime vénézuélien, mais l’enjeu central est ailleurs. Entre Hugo Chávez et Nicolás Maduro, la rupture démocratique est incontestable, la dérive autocratique difficile à contester. Par contre, le modèle extractiviste, au Venezuela comme ailleurs – République démocratique du Congo, Soudan… – est indéfendable. Il détruit les territoires, nourrit la corruption et sert de prétexte à toutes les ingérences.
Le Venezuela plie sous la malédiction de la rente pétrolière, la corruption des élites et la militarisation du pouvoir.
« Malédiction de l’abondance »
À l’inverse, l’Équateur d’Alberto Acosta a proposé une autre voie que la « malédiction de l’abondance » du pétrole, en dénonçant comment la rente énergétique nourrit dépendance,…
Auteur: Jérôme Gleizes

