Dans son éditorial, Benoît Bréville évoque un extraordinaire déni démocratique en Roumanie : les nombreuses élections qui ont émaillé l’année 2024, il n’était pas écrit que le scrutin présidentiel roumain tiendrait une place particulière. Depuis 1989 et la chute du communisme, le Parti social-démocrate (PSD) et le Parti national libéral (PNL), aussi atlantistes et proeuropéens l’un que l’autre, se succèdent au pouvoir, quand ils ne gouvernent pas ensemble, comme actuellement. Une surprise d’envergure internationale semblait donc improbable.
Pourtant, cette élection restera dans les annales. Pour ses résultats, qui ont vu le premier ministre et grand favori Marcel Ciolacu (PSD) éliminé dès le premier tour, tout comme son compère du PNL, et surtout par son dénouement : une annulation pure et simple, pour cause de vote insatisfaisant. À travers le monde, les gouvernants avaient déjà expérimenté bien des méthodes pour contourner la volonté des électeurs : ignorer le verdict des urnes en imposant un traité refusé par référendum, user de stratagèmes institutionnels pour s’accrocher au pouvoir malgré une défaite, inventer des accusations de fraude pour entacher la légitimité d’un candidat… Mais jamais, dans un pays démocratique, on n’avait ainsi effacé des millions de bulletins.
Akram Belkaïd décrit l’année zéro de l’après dictature en Syrie :Toutes les guerres se finissent un jour. Celle qui a dévasté la Syrie depuis 2011 a connu un dénouement provisoire avec la chute d’un régime en place depuis 1970. Si la Turquie fait figure de grande vainqueure de ce bouleversement, la passivité des soutiens internationaux du pouvoir déchu (Russie et Iran en tête) interroge. Revendiquant un recentrage idéologique, le nouveau pouvoir en place à Damas doit prouver qu’il a rompu avec le djihadisme.
Angélique Mounier-Kühn estime qu’Israël pousse frénétiquement ses pions :
:M. Bachar…
Auteur: Bernard Gensane

