Benoît Bréville et Pierre Rimbert défendent la cause du Monde Diplomatique comme celle d’un journal non-aligné : « De l’effondrement financier de 2008 à l’embrasement du Proche-Orient en passant par la crise climatique et l’invasion de l’Ukraine, la planète a connu ces quinze dernières années une série de secousses qui affolent les boussoles intellectuelles et géopolitiques. Pas celle du Monde diplomatique, qui défend, presque seul désormais, le non-alignement. Et sollicite ses lecteurs pour soutenir son combat. […] Dans les médias français, la focalisation sur les crimes de guerre commis par les combattants du Hamas reformule l’ensemble du conflit israélo-palestinien en termes de « terrorisme islamiste ». Sitôt ce recadrage effectué dans un pays meurtri par de multiples attentats de ce type, il ne s’agit plus pour les médias d’informer, mais de relayer les consignes de fermeté du pouvoir et de pourchasser ceux qui les discutent.
Depuis sa création en 1954 jusqu’aux années 1980, Le Monde Diplomatique a accompagné le mouvement de décolonisation puis celui des non-alignés, ce groupe de pays qui refusaient de choisir entre les deux blocs et défendaient leur indépendance nationale grâce à un développement autonome, souvent sous la bannière du socialisme. À l’époque, il n’était pas seul. On frissonne rétrospectivement à l’idée que L’Express, Le Nouvel Observateur ou Le Monde aient pu manifester de la compréhension envers les « terroristes » du Front de libération nationale (FLN) algérien, auteur lui aussi de massacres de civils, et relayer les campagnes de leurs avocats. Ces trois publications ont depuis basculé « à l’Ouest ».
Le journal se demande ce qu’il va advenir d’Israël et de la Palestine après l’embrasement : « De loin, tout semblait calme. Ou en voie de normalisation après les accords entre Tel-Aviv et plusieurs pays arabes. Mais, lorsque le Hamas a lancé son…
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Auteur: Bernard GENSANE

