Il semble que la vie est en train de reprendre ses droits. D’une seule voix, puissante, nuancée, foisonnante, joyeuse et hilarante. L’humour qui la traverse de part en part est sans doute le signe le plus clair de sa maturité et de sa juste distance
Depuis 2016 on s’égosille à appeler à la convergence des luttes et à la massification-nous-sommes-le-nombre. Qui demeure vœu pieux à force de se penser pensable et fabricable à coup d’ag interminables comme les manifs qui finissent le bec dans l’eau (de boudin)
Le mouvement actuel, parti des lycées des quartiers populaires, s’est d’emblée manifesté comme une puissance transversale/traversante court-circuitant classes, genres et toutes autres formes de séparations
Voilà les enfants du 93 qui ne s’embrasent pas d’abord contre la violence policière ou contre la relégation qu’ils subissent en propre mais pour le droit à étudier qui se veut commun. S’emparant du signifiant lycéen qui est commun comme peu (désignant une condition par quoi tous on veut passer) ils ont donné naissance à un champ de lutte vaste comme la jeunesse et capable de viser droit au cœur pourri du monde
Les enfants à privilèges ont très vite suivi jusqu’à Assas ou aux scouts cathos. C’est une génération entière qui fait sécession contre le monde d’avant, chacun voulant dire d’abord son appartenance à ses pairs horizontaux – à leur commune condition
La catastrophe qui leur est promise en place de futur par ceux qui ne seront plus là pour en éprouver le tragique : fait tomber comme peaux mortes les vieilles places et assignations. Qu’importe de posséder choses ou pouvoir qu’importe la fonction quand il va faire 50° six mois de l’année et que les vieilles demeures risquent l’incendie ou le déluge ? A l’aune de la catastrophe en cours la structuration sociale ancienne (héritage direct de l’ancien régime) semble dérisoire et grotesque
La massification n’est pas…
Auteur: dev
