Des paysans et agriculteurs en grande souffrance physique et/ou psychologique. Des champs entiers ravagés en quelques jours par des vents chauds et secs. Des fruits cuits sur pied avant d’être mûrs et des semis d’été qui ne germeront jamais.
La sécheresse et les canicules cumulées depuis la fin du printemps ont non seulement mis à mal les récoltes de l’été 2026 mais condamnent d’ores et déjà une partie des productions des mois à venir.
Comment mesurer les pertes ? Quels sont les secteurs les plus touchés ? Que faut-il changer pour que le système agricole français soit plus résilient face à un climat instable et hostile ?
On fait le point avec l’hydrologue et ingénieure de recherche en agro-climatologie à l’Inrae (L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) Carina Furusho-Percot, avec le maraîcher et éleveur porte parole de la Confédération paysanne Thomas Gibert et avec Christian Huyghe, ancien directeur scientifique et chargé de mission retraité à l’Inrae.
Comment évaluer les pertes agricoles dues à la canicule ?
Disons-le tout de suite, cette évaluation est extrêmement difficile, y compris pour les personnes dont c’est le métier. Carina Furusho Percot travaille au sein de l’unité Agroclim de l’Inrae, qui étudie et évalue les impacts du changement climatique sur les systèmes agricoles. Elle explique à Bon Pote : « Ce qui nous interpelle, en tant que chercheurs et chercheuses, c’est la répétition des événements. Plusieurs canicules répétitives au cours d’une même année, on n’a jamais connu cela. Normalement, nous travaillons en nous basant sur des années de référence pour comparer. Là, il n’y en a aucune, donc on a du mal à anticiper les conséquences. »
Si la France avait « seulement » subi une nouvelle canicule proche de celle de 2003, on pourrait se baser sur les…
Auteur: Thibaut Schepman

