Le moustachu avec un bic noir [3/3]

Revoilà Fabien Drouet. Nos lecteurs ont déjà eu l’occasion de goûter la parfaite logique de ses récits absurdes. Cette fois, il entreprend de raconter une réalité d’une banalité absolue, absolument fascinante : la mort. Telle qu’il nous la décrit, elle a l’air aussi ennuyeuse, poilante et injustement gouvernée, que la vie. Il n’y a jamais assez de vin ni de cigarette, mais on y croise un sèche cheveux bleu pétrole ainsi qu’un chœur de cinquante gorilles. Heureusement, nous savons que la mort n’est rien de cela. La mort n’est rien que le rien. Raison de plus pour vivre bien, en marchant sur la tête des rois, comme nous avons répondu récemment à une pétulante dame italienne de 103 ans qui nous disait sa terreur de mourir.

S.Q.

Le premier épisode du moustachu avec un bic noir est accessible ici., le second là.

Bonjour mon Jean-Pierre,



Merci pour ta lettre. Elle m’a beaucoup rassurée. Et je suis heureuse de voir que tu t’acclimates peu à peu à ton nouvel environnement, que tu t’intègres efficacement au sein de la société à laquelle désormais tu appartiens.

Le festival avait l’air bien cool, et le rituel du gouffre fantastique !

De mon côté, j’ai peut-être trouvé un éditeur susceptible d’être intéressé par un récit venant de l’au-delà. Je l’ai rencontré au M.P.A. (Marché des Poésies Actuelles), Place de la Comédie, par un hasard des plus cocasses. J’étais monté à Paris rendre visite à mes cousines Berte et Magda (te souviens-tu de Berte et de Magda ?) et, en marchant d’un pas pourtant léger en direction de l’adresse qu’elles m’avaient indiquée, j’ai lourdement chuté.

J’étais en train de constater que je saignais du genou droit lorsqu’un homme me paraissant scruter l’horizon dans l’espoir d’y dénicher je ne sais quoi d’intéressant m’a malencontreusement marché sur le visage.

J’ai eu très mal, surtout au nez.

J’ai crié fort, mais l’homme, au lieu d’avoir pour réaction première de retirer son pied de ma face, s’est tourné vers une foule de jeunes gens amassés devant un restaurant grec, ou peut-être turc, ou gréco-turc (allongé comme je l’étais sur le bitume avec le pied de l’homme sur le visage, je n’étais pas en mesure de lire correctement le nom sur l’enseigne lumineuse, et de toute façon j’aurais eu l’esprit trop occupé à souffrir pour en tirer des conclusions quant à la nationalité de son propriétaire), l’homme, donc, s’est tourné vers cette foule de jeunes gens amassés devant ce…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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