Renda Belmallem est doctorante en philosophie et sociologie, iel fait partie de la coordination du réseau de recherche Ejje sur la justice environnementale et siège au conseil d’administration de l’Observatoire Terre-Monde, centre d’étude sur les écologies décoloniales. Iel travaille sur la jonction entre luttes écologistes, antiracistes et des quartiers populaires en France. Militante écologiste, antiraciste et queer, iel vit à Bure, où iel milite contre le nucléaire et son monde.
Lors du festival Les Résistantes, début août en Normandie, plusieurs agressions racistes ont provoqué la colère d’une partie des participants, dont Renda Belmallem : méconnaissance des enjeux coloniaux, minimisation de la parole des personnes racisées, manque de considération de ces dernières…
Dans cet entretien, iel revient sur l’histoire blanche de l’écologie française et sur les transformations en cours : un plaidoyer pour un mouvement écologiste réellement antiraciste.
Reporterre — Que s’est-il passé, début août, au festival Les Résistantes ?
Renda Belmallem — Lors des deux éditions [au Larzac en 2023 et dans l’Orne], comme dans la plupart des événements écologistes auxquels j’ai participé en quinze ans de militantisme, se sont produites de multiples agressions racistes. Des violences qui ont touché directement les personnes ciblées, mais aussi toutes celles qui portent un engagement antiraciste.
Cette fois, ce qui a changé, c’est que nous étions suffisamment de personnes racisées pour instaurer un rapport de force et visibiliser ces enjeux. Nous avons exprimé notre colère et exigé que ces violences soient prises au sérieux.
Deux moments m’ont particulièrement marquée : le départ du collectif Coaadep, avec lequel j’intervenais lors d’une table ronde sur le colonialisme chimique, après une succession d’agressions négrophobes ; et des propos tenus lors des temps dédiés à la…
Auteur: Alexandre-Reza Kokabi

