En matière de manifestations de masse il y a en effet une règle : tout depend de l’attitude du pouvoir, et donc des policiers qui reçoivent ses ordres et leur ligne de conduite. A cet égard, un exemple relativement récent est intéressant : c’est celui du « Hirak » ( au sens littéral « mouvement ») algérien : un an et demi de manifestations monstres, dans toutes les villes d’Algérie et même dans les villages, pas un blessé, pas un heurt avec la police, pas un affrontement. La cause : les forces de sécurité ne sont jamais intervenues, et même le plus souvent n’étaient même pas apparentes.
On pourrait dire que cela était dû au calme et à l’esprit pacifique des manifestants. Cela était le cas . Mais en la matière, la responsabilité de l’ordre, comme des désordres, revient toujours au pouvoir en dernière analyse, à son attitude, à sa politique : sympathie, bienveillance, tolérance, neutralité ou hostilité déclarée. C’était spectaculaire lors de la visite du Pape en France. Le calme qui régnait était plus dû à l’attitude des autorités, anticipée d’ailleurs par les manifestants, et qui s’exprimait dans leur comportement. Qu’en aurait-il été s’il y avait un grand rassemblement religieux musulman ? On pourrait dire qu’il s’agit ici de l’identité même française. Certes, mais dans des pays musulmans eux mêmes des manifestations religieuses ont été réprimées
De la violence auto-prédicatrice
Mais n’allons pas trop loin. C’est toujours, dans le cas d’une hostilité du pouvoir en place à un mouvement, qu’ éclatent, c’est le cas de le dire, les hostilités. Et ensuite, on ne sait plus où sont les causes et où sont les conséquences. Les désordres se nourrissent alors des désordres , « la mayonnaise » a pris. Tout depend donc de l’attitude du pouvoir. Meme les policiers ne sont en réalité, que des instruments , à la fois exécutants et victimes de la violence. Dans le…
Auteur: Djamel LABIDI
