S’il est une partie du globe qui a changé de visage entre les deux mandats de Donald Trump à la Maison-Blanche, c’est bien le Moyen-Orient après la déflagration qui a suivi les attaques du 7 octobre 2023 : guerres à Gaza et au Liban, affaiblissement de l’Iran et de ses proxys, chute de Bachar Al Assad en Syrie… Autant de bouleversements qui auraient pu empêcher le dirigeant républicain de reprendre ses menées là où il les avait laissées. Il n’en est rien.
Durant son premier mandat, Donald Trump a marqué la région d’une empreinte résolument pro-israélienne : transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan, retrait de l’accord international sur le nucléaire iranien. Il a été aussi l’artisan de la normalisation des relations entre l’État hébreu, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Maroc et le Soudan, via les accords d’Abraham.
Le tout avec une vision entrepreneuriale de la diplomatie, comme le montrait en 2019 l’intervention de son gendre et conseiller personnel, à la conférence de Bahreïn sur le Proche-Orient : Jared Kushner y avait exposé un plan de paix palestinien sans Palestiniens, avec des promesses d’investissements mirobolants. « L’occasion du siècle », promettait-il.
Une position « sans issue »
Les objectifs de Donald Trump s’inscrivent de nouveau dans cette logique. « Sa vision au Moyen-Orient, c’est de garantir la sécurité d’Israël, de créer une sorte de front contre l’Iran, d’enterrer le projet palestinien, de parachever les accords d’Abraham dont il est le géniteur, avec l’Arabie saoudite », résume Sébastien Boussois, spécialiste du Moyen-Orient et auteur d’un livre sur Donald Trump (1).
Mais, en prônant la prise de contrôle de Gaza par les États-Unis et le déplacement des Gazaouis, ses ambitions ne risquent-elles pas de se heurter aux moyens qu’il entend déployer pour les mettre…
Auteur: Julie Connan

