En distinguant, vendredi, la juriste sud-africaine Navi Pillay, 85 ans, le Comité Nobel norvégien n’a pas seulement récompensé une vie consacrée à la défense des droits humains. Il a pris position dans un affrontement qui dépasse largement le parcours de la lauréate : celui qui oppose la primauté du droit aux rapports de force entre États.
L’ancienne Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, qui a notamment présidé la commission d’enquête de l’ONU ayant conclu, en 2025, qu’Israël avait commis un génocide dans la bande de Gaza, a été distinguée « pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international ». Le comité a salué son « courage » et son « intégrité exceptionnels », ainsi que son rôle dans la poursuite des auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide.
Le choix est d’autant plus significatif que les institutions auxquelles Navi Pillay a consacré une grande partie de sa carrière font aujourd’hui l’objet d’attaques politiques et de sanctions. La Cour pénale internationale (CPI), où elle a siégé, est notamment visée par l’administration de Donald Trump, tandis qu’Israël conteste les conclusions d’enquêtes internationales sur sa conduite de la guerre à Gaza.
À New York, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué devant la presse une femme qui, depuis des décennies, défend le droit international et les droits humains. « Elle a montré que la force du droit doit prévaloir sur le droit de la force et que la défense des droits humains constitue le rempart le plus sûr contre l’injustice », a-t-il déclaré.
« Dans sa motivation, le Comité Nobel a rappelé au monde que la paix doit reposer sur des principes durables, et non sur la volonté des puissants », a-t-il ajouté.
La Haute-Commissaire des Nations Unies…
Auteur: Nations Unies FR
