Le nom

Il y a plus urgent que de politiser l’Oulipo, mais on s’amuse comme on peut.

Voici un poème qui s’impose entre autres contraintes habituelles (métrique, syntaxe, sens) de faire apparaître ACAB, vingt-quatre fois sans jamais l’écrire directement (16 fois phonétiquement dans le cœur du vers, 4 fois verticalement par l’initiale des vers, 4 fois verticalement à la fin des vers par les rimes qui correspondent aux phonèmes des lettres A, C, A, B).

Ah m’accable l’oubli de ce nom scélérat !

Ce roi qu’abattirent les chiens par lui dressés.

Au cloaque abstrus ma mémoire le versa,

Baal, lui sont très liés, Moab et Macchabées.

Avec eux sûrement ma traque aboutira.

Ces syllabes « ab », « ac », aboutées, inversées,

Afin de voir des sons le vrac aboli là,

Brouillard et couac absurde aussitôt résorbés.

Alors viendra en frac, habit noir, blanc éclat,

Celui que le ressac a bu le trépassé,

Amiral que Moby en un flac abaissa,

Blanche claque aberrante est la queue retombée.

Abîmé dans l’opaque abject par Jéhovah

Captif d’un lac abstrait qu’il sillonne, lassé.

À dire enfin « Achab », je parviens, il sera,

Bien proscrit quoiqu’absous par ce mot radoubé.

Oûtis

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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