Les prochains jours s’annoncent suffocants. Le 17 juin, 24 départements ont été placés en vigilance jaune canicule par Météo-France, à l’approche de ce qui se dessine comme la toute première vague de chaleur de l’année 2026. Et sa précocité, au même titre que le coup de chaud observé en mai, interroge. Jusqu’à présent, l’Hexagone n’avait connu que quatre vagues de chaleur à cette période de l’année. C’était en 2005, 2017, en 2022 et en 2025. Autrement dit, toutes des années récentes.
Faut-il y voir le signe d’un emballement du changement climatique ? À quoi ressembleront les étés d’ici 2100, si la trajectoire actuelle se poursuit ? Et les politiques à la manœuvre en France sont-elles à la hauteur des enjeux que posent ces canicules ? La paléoclimatologue de renommée internationale et membre du Haut Conseil pour le Climat, Valérie Masson-Delmotte, répond à Reporterre.
Reporterre — Quinze jours à peine après l’épisode de chaleur de mai, inédit par sa précocité, les températures s’envolent à nouveau. Des pics à 40 °C sont attendus dimanche dans l’Hexagone. Est-ce historique, ou simplement une « nouvelle normalité » ?
Valérie Masson-Delmotte — Deux épisodes de chaleur si tôt dans la saison, c’est exceptionnel. Exceptionnel, et en même temps attendu. Bien sûr, il y a une part de hasard dans la formation ou non d’un dôme de chaleur en fonction de la circulation atmosphérique. Toutefois, une des conséquences directes d’un climat qui se réchauffe, c’est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité de ces phénomènes. Des configurations météorologiques tout à fait banales peuvent donner lieu à des événements exceptionnels.
Ces épisodes peuvent-ils être le signe d’un emballement du réchauffement climatique ?
Non, personnellement, je n’utilise jamais ce terme. Car, pour l’instant, ce que l’on observe au niveau planétaire est…
Auteur: Emmanuel Clévenot

