Quatre ans après sa prise de fonction, le général Burkhard, chef d’état-major des armées (CEMA), fera, le 1er septembre, son adieu aux armes. Il sera remplacé par l’actuel chef d’état-major particulier du président de la République, le général d’armée aérienne Fabien Mandon. Le général Burkhard aura entamé une ambitieuse mutation du modèle d’armée, indispensable face au retour des puissances étatiques impérialistes et révisionnistes. Les armées seront ainsi passées d’un modèle « expéditionnaire » – avec des militaires ultra-professionnalisés depuis la fin du service militaire, voués principalement aux opérations extérieures et à la lutte antiterroriste – à un modèle « de haute intensité », marqué par un durcissement de l’entraînement et des exercices plus larges.
Ce départ s’inscrit dans une temporalité tout à fait normale, la durée d’occupation normale du poste allant de trois à quatre ans. Planifié depuis plusieurs mois, il ne relève pas, contrairement à certaines fausses informations relayées par les sphères prorusses, d’une révocation consécutive aux récentes déclarations du général Burkhard sur la Russie, qu’il a qualifiée de « menace durable proche et dimensionnante », le 11 juillet dernier. Pas plus qu’elle n’est une démission de l’intéressé : il est de notoriété publique que le président de la République et le CEMA entretiennent d’excellentes relations ; le premier ayant ainsi demandé au général, à l’été 2024, de rester en poste un an de plus.
Les réformes décisives du général Burkhard
Le général Burkhard aura, durant ses deux années à la tête de l’état-major de l’Armée de terre puis ses quatre années comme CEMA, réformé l’institution de façon décisive. Trois grandes intuitions auront forgé son bilan et permis aux armées françaises de tourner définitivement la page du XXe siècle.
1) Dès…
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