Au moment où la communauté internationale se réjouit de la chute d’une dictature après l’effondrement du régime d’Assad en Syrie, l’avenir des droits des femmes y demeure incertain.
Les dirigeants mondiaux ont salué positivement la libération de la Syrie et discutent du retour de 5,5 millions de réfugiés, mais les défenseurs des droits des femmes émettent des inquiétudes.
Les transitions de pouvoir en Iran, en Afghanistan et dans d’autres pays à majorité musulmane ont souvent mis en péril les libertés durement acquises par les femmes. C’est pourquoi il est essentiel de donner la priorité aux droits des femmes en Syrie, afin de s’assurer que leur voix ne soit pas oubliée dans la quête de stabilité et de justice.
Traitement des femmes
Les forces militantes islamistes dirigées par le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) ont renversé le régime d’Assad.
Même si HTS et son chef, Ahmad al-Sharaa, se disent modérés et axés sur la gouvernance, la façon dont le groupe traite les femmes suscite de vives inquiétudes quant à l’avenir de leurs droits en Syrie.
À Idlib d’abord, puis dans d’autres grandes villes, l’armée de HTS a commencé à appliquer des lois strictes fondées sur son interprétation de la loi islamique, limitant la mobilité des femmes, leur habillement et leur participation à la vie publique.
Les femmes doivent être accompagnées par un homme dans les lieux publics, et la police des mœurs de HTS peut infliger des amendes, humilier ou détenir celles qui enfreignent le code vestimentaire. Les femmes sont confinées à des rôles domestiques, et on punit sévèrement celles qui s’y opposent. Les militantes et les travailleuses humanitaires sont victimes de harcèlement, d’arrestations et d’intimidation.
(AP Photo/Mosa’ab Elshamy)
Auteur: Vrinda Narain, Associate Professor, Faculty of Law, Centre for Human Rights and Legal Pluralism, McGill University

