Chili (correspondance)
Des centaines de Chiliens ont brandi des drapeaux nationaux et clamé en chœur : « Kast président ! » dès 19 h 30, dimanche 14 décembre, dans les beaux quartiers de Las Condes à Santiago. Avec 58,30 % des voix, José Antonio Kast, fondateur du Parti républicain (extrême droite) a remporté haut la main l’élection présidentielle.
Cet avocat de 59 ans, fils d’un soldat nazi émigré au Chili après la Seconde Guerre mondiale, briguait la présidentielle pour la troisième fois. En 2021, il avait perdu face à l’actuel président progressiste Gabriel Boric, mais cette année, il a profité des nombreux reports de voix des candidats de droite battus au premier tour.
La candidate de la coalition de centre-gauche Jeannette Jara a reconnu sa défaite (41,70 %). Le 11 mars prochain, date de son investiture, l’ancien député admirateur de Pinochet sera le président le plus à droite du pays depuis la fin de la dictature en 1990.
Un « gouvernement d’urgence » pour rétablir « l’ordre et la sécurité »
Tout au long de sa campagne, le futur président du Chili n’a cessé de répéter que son pays « tombe en ruines » et qu’il va rétablir « l’ordre et la sécurité » avec « un gouvernement d’urgence ». Dans son programme, il promet de lutter contre la criminalité en expulsant 337 000 étrangers en situation irrégulière.
« La montée de la criminalité est une des principales préoccupations des Chiliens et elle a été associée à l’immigration irrégulière, commente Stéphanie Alenda, professeure et chercheuse en sociologie politique à l’université Andrés Bello, mais la perception d’insécurité est disproportionnée par rapport aux taux d’homicides [6 pour 100 000 habitants] qui sont d’ailleurs parmi les plus bas d’Amérique latine. »
L’autre crise à laquelle le pays serait confronté selon Kast est d’ordre économique. La croissance
Auteur: Marion Esnault

