Le 12 janvier, la procureure générale australienne, Michelle Rowland, a annoncé ce qu’elle a qualifié de « lois sur la haine les plus sévères jamais adoptées en Australie ».
Le gouvernement prévoit de faire adopter son projet de loi de 2026 sur la lutte contre l’antisémitisme, la haine et l’extrémisme par le Parlement le 20 janvier, transformant ainsi la législation australienne sur la liberté d’expression en un texte qui ressemble davantage à un test psychologique qu’à un code pénal.
Nous avons obtenu une copie du projet de loi ici (et le mémorandum explicatif ici).
La même semaine où le Premier ministre Anthony Albanese félicitait les Iraniens de « défendre leurs droits humains », son gouvernement s’apprêtait à criminaliser la liberté d’expression dans le pays, même lorsque les droits ou les sentiments de quiconque n’avaient été réellement touchés.
La pièce maîtresse du projet de loi est une nouvelle infraction d’incitation à la haine raciale. Elle interdit « la promotion ou l’incitation publique à la haine » fondée sur la race, la couleur, l’origine nationale ou ethnique, et prévoit des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
La principale nouveauté de cette mesure réside dans ce qu’elle supprime : la preuve du préjudice.
Il importe peu, selon le projet de loi, que « la conduite engendre réellement la haine » ou que quiconque se sente « réellement » intimidé ou craigne d’être harcelé.
Les tribunaux examineront plutôt ce que ressentirait un membre « raisonnable » hypothétique du groupe visé, même si une telle personne n’existe pas dans l’affaire.
Les procureurs, précise la note explicative, « ne seront pas tenus de prouver » une quelconque crainte réelle.
Le message est clair : on peut aller en prison pour avoir causé un malaise théorique à une personne hypothétique.
Le projet de loi de Rowland ne se limite pas à la place…
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