Le Nouvel Autel du Capital

Alors que travailler à épuiser la Terre, consommer en rang, se nourrir d’écrans et de jeux semblaient ritualiser la soumission au Capital, voilà que les rues s’animent de joyeux mouvements, de générosité spontanée et coudes à coudes, de consciences accrues des désastres écologique, social et démocratique en cours. Rassemblements sauvages et débordements sont de la partie ; rien n’est parfait, et c’est justement là qu’on peut voir une forme qui échappe et qui donne de l’espoir : il se passe quelque chose.

Devant la résistance qui s’amplifie et se propage, les garde à vues à la volée et les répressions routinières ne suffisent plus : on entend le courroux du Capital, cette voix nimbée qui exige une remise en ordre urgente et un maintien en marche forcée. Serait-il pris de fébrilité, saisi des premiers symptômes d’une attaque du cœur et de l’esprit citoyens, puissances de vie jusque-là réprimées ? Un mal qu’il croyait contenu, et qui pourrait bien affecter ses plus perméables serviteurs ?

A son œil, la conscience naissante est le signe d’un comportement déviant : le mal est en nous. Il faut donc nous saigner pour évacuer le mal, au mieux nous faire à nouveau dociles, à défaut nous rendre impuissants. Le Capital ordonne d’orchestrer une scène marquante. Pour renforcer la certitude d’avoir raison, il lui faut aller jusqu’à organiser le pire, car si le pire est mené, c’est bien qu’il justifie une action qui en vaille à ce point la peine. Détruire ou laisser détruire quelques-un.es en vue d’impacter indirectement un plus grand nombre. Sacrifier. Le dernier et le plus puissant recours quand l’inquiétude s’empare de Dieu et de ses adorateurs. Une scène marquante à la hauteur de ce qui est en jeu ici et maintenant. L’avenir s’annonce sombre.

Ici comme ailleurs, tout commerce suppose un échange : don et contre-don. Ce n’est pas un sacrifice pour implorer la fertilité…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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