Le numérique est-il un levier majeur de la transition écologique et si oui, pouvons-nous vraiment le prouver ?
Dans un article précédent nous avons vu en profondeur les mécanismes de l’évaluation environnementale du secteur numérique. Une fois que nous connaissons le poids du numérique sur l’environnement, l’étape logique d’après est donc de savoir si le numérique sert ou dessert les objectifs de la transition écologique, notamment pour un pays comme la France.
La littérature scientifique disponible montre sans équivoque qu’il existe une différence importante entre les déclarations et promesses grandiloquentes d’industriels ou d’économistes et les résultats produits grâce au numérique.
En effet, sur un périmètre restreint, seul un contexte favorable à la transition permet au secteur numérique d’avoir un effet positif net aux objectifs de décarbonation. De quoi sérieusement remettre en cause la contribution réelle du numérique pour respecter nos engagements climatiques, tant à l’échelle nationale qu’internationale
Comment déterminer si une solution numérique est néfaste ou bénéfique pour l’environnement ?
Si la question des effets environnementaux de la numérisation peut sembler récente, elle a, en fait, une longue histoire. Dès 1976, Jack Nilles, le père du télétravail, imaginait dans un rapport intitulé ‘Telecommunications–Transportation Tradeoffs‘ que le télétravail permettrait aux villes d’accueillir une population plus large sans augmenter leurs investissements dans leurs infrastructures de transport. Depuis lors, le télétravail et le commerce en ligne ont été les deux archétypes d’une numérisation soutenable qui vont être exploré au fil de nombreux rapports, notes d’analyse et articles de recherche entre les années 80 et le début des années 2000.
Durant les deux dernières décennies, de nombreux rapports, comme celui de la WWF en 2006, ont pu affirmer qu’une solution…
Auteur: Gauthier Roussilhe

