Lorsque les paléontologues découvrent le fossile d’un animal disparu, comment reconstituer ce à quoi il ressemblait de son vivant ? C’est le but du paléoart, une démarche qui demande à la fois beaucoup de rigueur scientifique, ainsi qu’une certaine imagination. Les ammonites, ces mollusques emblématiques, ont ainsi plusieurs fois changé de visage au cours de l’histoire des sciences.
Un squelette de dinosaure, même complet, ne dit pas tout sur le dinosaure lui-même ! Sa silhouette ou sa couleur de peau sont des caractéristiques inaccessibles par l’observation seule du fossile. Pour retrouver leur véritable nature d’organisme, il est nécessaire de les « restaurer », d’en produire des représentations proches de la réalité. Si cela est relativement simple pour les fossiles qui possèdent des équivalents actuels proches, la question devient épineuse pour ceux qui n’en possèdent pas.
La paléontologie s’intéresse à l’histoire de la biodiversité. Elle s’appuie sur la découverte de fossiles (des restes d’organismes) pour tirer des informations générales sur l’histoire de la vie et des informations particulières sur les organismes qui peuplaient notre planète il y a des millions d’années. Parmi les plus emblématiques figurent les dinosaures, les ammonites ou les trilobites… Mais les fossiles sont des versions incomplètes des organismes, car le plus souvent seules leurs parties minéralisées (coquilles, os, dents, carapaces…) sont préservées.
La restauration des organismes fossiles n’est pas seulement une affaire de paléontologue. Au fil du temps, elle est devenue une activité à la frontière entre art et science : nous désignons aujourd’hui par le terme paléoart la production d’œuvres qui illustrent la vie passée à partir d’une base scientifique. Ces œuvres peuvent prendre la forme d’une image (une peinture, une lithographie, un fichier 3D) ou d’un objet (une…
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Auteur: Pascal Neige, Professeur de paléontologie, Université de Bourgogne

