Le paradoxe de l’opulence : quand payer plus d’impôts devient un choix

Alors que va s’ouvrir le débat budgétaire, la question du taux d’imposition des plus riches est de retour. Le premier ministre l’a promis : les hausses d’impôts sur le revenu ne toucheront que les 0,3 % des ménages les plus aisés. Mais si on faisait fausse route dans ce domaine en créant des obligations qui sont autant d’opportunités pour les fiscalistes et autres conseils en optimisation fiscale. Telle est la thèse iconoclaste de cet article qui promeut une autre manière de faire : parier sur le volontariat et l’envie de bien faire, et aussi celle de mieux faire que le voisin.


Taxer davantage les (super-)riches permettrait pour beaucoup de réduire les inégalités de revenu et de patrimoine, de financer la transition écologique et d’améliorer des services publics en déshérence. De surcroît, taxer les contribuables à due proportion de leur capacité contributive est un principe qui peut être défendu aussi bien par ceux d’entre nous qui sont épris de justice sociale que par ceux qui croient davantage aux vertus de l’individualisme. En effet, une société inégalitaire induit une perte de confiance généralisée et de cohésion sociale qui se traduit tôt ou tard par moins de création de richesses.

Il se pourrait cependant que les recettes fiscales supplémentaires soient plus faibles que prévu compte tenu de la concurrence fiscale internationale. L’effet positif de faire contribuer davantage les super-riches est, peut-être et avant tout, d’ordre symbolique : tout le monde doit contribuer équitablement au financement des éléments constitutifs du vivre ensemble et pas seulement ceux qui ne peuvent pas échapper à l’impôt.

Trouver les bonnes incitations

Notre argument est qu’il serait sans doute plus efficace de parier pour partie sur une contribution fiscale volontaire des plus riches au-delà d’un certain seuil de revenu et de patrimoine que sur la seule coercition. Le comportement des super-riches…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Thierry Madies, Professeur d’économie, University of Fribourg

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