Le parasol et l’incendie.

C’est une photo de Maximilien Lamy pour l’AFP et dont il raconte la genèse dans un entretien à l’Obs. Elle a déjà fait le tour du monde et la Une de différents journaux dont le New-York Times. Chacun sait qu’elle gagnera probablement tous les prix de la photo de l’année et peut-être aussi d’un siècle qui ne cesse de s’ouvrir sous des feux qui refusent de s’éteindre.

Par sa composition, par son sujet, par son angle et par l’histoire qu’elle raconte, elle signe qu’elle est immédiatement une oeuvre. Et une grande.

Maximilien Lamy pour l’AFP. Plage de Moutchic aux abords de l’étang de Lacanau, le 24 juillet 2026.

Le parasol et l’incendie.

Il ya un premier plan : celui de ce couple de vacanciers contemplant apparemment le désastre et y semblant indifférents. Un second plan qui est celui de l’incendie. Une voûte qui est celle des fumées et qui est comme un miroir apocalyptique du sable qui occupe la moitié inférieure de la photo. Un centre qui est à la fois vertical et circulaire, qui se plante et se déploie : ce parasol « Pastis 51 » tellement emblématique d’un kitsch qui raconte aussi une forme de détachement désabusé. C’est une photo du présent, avec les atours du passé, et qui préfigure le futur. Ce putain de parasol. Qui peut-être, sûrement même, fait écho à l’incendie d’en face, un incendie pareillement si ancré au sol et si déployé dans le ciel mais tellement plus dense, plus massif. Ce parasol si fragile et futile, amené là par ce couple, par-delà son kitsch, pour sa fonction première de protection, et qui est à lui seul le récit de la fragilité et du dérisoire de toutes nos protections actuelles face à un monde qui brûle à une telle vitesse, avec une telle intensité. Ce parasol qui distribue autour de lui tout l’apparat de ceux qui sont des vacanciers, de ceux qui en tout cas viennent à la plage avec parasol et fauteuils, ceux qui ont la plage confortable. On…

La suite est à lire sur: affordance.framasoft.org
Auteur: Olivier Ertzscheid

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