À leur demande, les organisations syndicales et la SDJ ont été reçues ce mercredi soir par Nicolas Charbonneau, le directeur des rédactions (du Parisien, NDLR).
Ce week-end, une interview de Philippe Martinez, le leader de la CGT, dûment vendue par le service économie samedi, validée par la rédaction en chef et réalisée dans la soirée, a été déprogrammée dimanche, à la demande de Nicolas Charbonneau (qui n’était pas de permanence). Ce choix éditorial, a priori perçu comme de la censure, a provoqué un vif émoi au sein de la rédaction et en particulier au service économie qui s’interroge sur sa liberté dans le traitement de ce conflit social – et des suivants.
Nicolas Charbonneau justifie sa décision par un souci de cohérence dans les pages du journal de lundi. « On aurait eu d’un côté un portrait pas forcément à la gloire de Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, et, en vis-à-vis, une interview qui aurait pu être perçue comme une libre-antenne donnée à Philippe Martinez, même si j’imagine bien qu’il ne s’agissait pas de lui dérouler le tapis rouge. Pour le lecteur, ce traitement du conflit social aurait pu être interprété comme déséquilibré », argumente Nicolas Charbonneau qui ajoute : « Si on m’avait proposé un portrait critique de Philippe Martinez et en face une interview de Patrick Pouyanné, j’aurais aussi dit non. » Hostile au format questions-réponses, le directeur des rédactions a alors suggéré de reprendre les propos du leader syndical dans un papier verbatim. « Je voulais de la contextualisation », avance-t-il. En définitive, seules quelques citations ont été reprises dans un papier publié en page politique. Nicolas Charbonneau indique que l’interview aurait pu passer en format web. Or la direction du service économie a considéré qu’à partir du moment où Philippe Martinez n’avait pas droit de cité dans nos pages ce jour-là, il n’y avait aucune raison que le site fasse office de réceptacle de secours.
Sollicité par les organisations syndicales et la SDJ, le directeur des rédactions invoque donc une raison conjoncturelle. « Il est évidemment hors de question de bannir Philipe Martinez de nos pages. Il est un acteur du conflit social et il n’est absolument pas interdit de Parisien. Il n’y aura jamais de censure sous ma direction », assure-t-il. Nicolas Charbonneau indique « qu’il aurait fallu dire “pas comme ça”, que le format QR n’était pas le bon, dès le samedi. »
Les organisations syndicales et la SDJ prennent…
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Auteur: Acrimed

