Le Parlement a validé mardi 17 juin un projet de loi ouvrant la porte à l’envoi à l’étranger de millions de tonnes de CO2, destinées à être stockées dans des fonds marins, le gouvernement y voyant « un outil » pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
L’Assemblée nationale a définitivement adopté ce texte par 261 voix (du bloc central au Rassemblement national) contre 107 voix, essentiellement de la gauche de l’hémicycle, qui dénonce « une fuite en avant » pour ne pas réduire les émissions de CO2.
Au cœur des débats : le devenir du CO2 capté sur un site industriel puis comprimé et liquéfié, afin des les enfouir plutôt que de le voir rejeté dans l’atmosphère. Or, contrairement à ses voisins, comme la Norvège ou le Danemark, la France ne dispose pas de site de stockage.
Le Protocole de Londres, un texte international sur la prévention de la pollution, prévoit une interdiction de principe de toute exportation de déchets en vue de leur élimination en mer, et donc de leur enfouissement. Ce projet de loi, également adopté au Sénat, entend ainsi le modifier et permettre cette exportation.
Pour le ministre de l’industrie et de l’énergie, Marc Ferracci, il s’agit de « donner à notre industrie lourde, la possibilité de produire en France, sans relâcher dans l’atmosphère le carbone qu’elle produit inévitablement ». Car, selon lui, certains secteurs industriels, comme la sidérurgie, la production de ciment ou de chaux, « émettront toujours du CO2, même sans énergie fossile ». Un CO2 « fatal », mais « que l’on peut capturer », a plaidé le ministre.
« Cacher la poussière sous le tapis »
« La capture du carbone ne se substituera pas à l’effort de décarbonation », a-t-il tenté de rassurer. Elle est « à l’inverse un des outils indispensables pour atteindre nos objectifs » de neutralité carbone, selon lui. Elle devrait représenter entre 8 et…
Auteur: La Croix (avec AFP)

