Le Parlement européen dénonce Total et son oléoduc géant en Afrique

Le Parlement européen a adopté, le 15 septembre, une résolution dénonçant les conséquences du projet Eacop, mené par le groupe français TotalÉnergies, entre l’Ouganda et la Tanzanie.

Il prévoit l’acheminement de pétrole — extrait dans le lac Albert, en Ouganda — par un oléoduc chauffé de 1 445 kilomètres de long, jusqu’en Tanzanie. Il sera alors le plus long oléoduc du monde. « Ce seront chaque année jusqu’à 34 millions de tonnes de CO₂ en plus dans l’atmosphère. Une vraie bombe climatique », a dénoncé sur Twitter l’eurodéputé Pierre Larrouturou.

Selon le journal Le Monde, TotalÉnergies réfute ces accusations. Le groupe a transmis aux eurodéputés un argumentaire, dans lequel il estime que « le monde a, dans l’immédiat et pour quelques années, besoin de pétrole et de pétrole à un coût raisonnable ».

Intimidation et déplacement de population

Dans sa résolution, le Parlement européen évoque des problématiques à la fois sociales et environnementales. Il exprime d’abord sa « profonde préoccupation face aux arrestations, aux actes d’intimidation et au harcèlement judiciaire » contre les opposants au projet (militants écologistes, défenseurs des droits humains, ONG…). Le Parlement appelle à permettre un accès libre à la zone par le projet.

Les députés estiment qu’en tout, plus de 100 000 personnes pourraient être déplacées en raison de ce projet, « sans garanties suffisantes de compensation ». Ils ordonnent donc la mise en place d’un « dispositif de compensation adéquat » pour les personnes expropriées.

Itinéraire bis

Enfin, le Parlement demande à TotalÉnergies de « prendre un an pour étudier la faisabilité d’un itinéraire bis pour ce projet, afin de mieux protéger certains écosystèmes sensibles et les ressources en eau ».

La résolution devait initialement aller beaucoup plus loin, a affirmé sur Twittter l’eurodéputée Marie Toussaint. Ainsi, la demande d’un moratoire sur le projet a été rejetée, le Parlement préférant demander la recherche d’une « voie alternative ».

« Ce n’est que le début, rien n’est encore contraignant mais c’est un signal très très fort pour les banques et les assurances qui hésitent encore à soutenir le projet », a réagi sur Twitter la militante écologiste Camille Étienne.

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Auteur: Reporterre