Le Rassemblement démocratique révolutionnaire n’a pas laissé une trace très profonde dans la mémoire collective, ni le souvenir d’une expérience mémorable, du fait de son caractère éphémère et d’une interprétation l’ayant rapidement réduit à un pur et simple « échec ». Raison de plus pour s’y pencher plus attentivement, en compagnie de Bastien Amiel, auteur de La tentation partisane. Engagements intellectuels au seuil de la guerre froide (CNRS éd., 2023).
Contretemps (CT) : Sur la couverture du livre, on voit trois hommes, dont l’un est nettement plus connu que les deux autres, au point de les éclipser… Peux-tu nous en dire plus ? Qui représente cette photo ? Quel « moment » capte-t-elle ?
Bastien Amiel (BA) : À vrai dire, je ne connaissais pas cette photographie avant qu’elle ne me soit proposée par la maison d’édition. Elle date du mois d’août 1947, et a été prise à Londres à l’occasion d’un voyage de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir pour présenter Mort sans sépulture et La putain respectueuse. Jean-Paul Sartre est entouré de journalistes dont je n’ai pas encore retrouvé trace, mais j’aime bien ce cliché parce qu’il me semble justement qu’il diffère des représentations habituelles de Sartre. Je ne suis pas dupe du fait qu’il est le seul identifiable, mais pour une fois la couverture n’est pas centrée sur son seul personnage. Il s’agit d’un intellectuel qui travaille et discute de son travail, texte à la main, avec ses interlocuteurs. On est loin, selon moi, des images de l’intellectuelle[1] écrivant à sa table de travail ou du cliché de Sartre « en marche vers le génie », pour reprendre des termes de la biographie d’Annie Cohen-Solal.
CT : Ton livre est centré autour du Rassemblement démocratique révolutionnaire (RDR), un parti fondé dans la seconde moitié des années 1940. « Rassemblement », « Démocratique »,…
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Auteur: redaction

