Il est des moments où la fidélité exige la rupture. Non pas la rupture pour elle-même, mais celle qui permet à une idée de demeurer vivante, à un héritage d’échapper à la décomposition, à une famille politique de se réconcilier avec le peuple dont elle prétend porter la voix.
Ce moment est venu pour le Parti socialiste.
Alors qu’approche un congrès décisif, nous voyons se multiplier les gestes d’appareil. Des contributions sont déposées dans la précipitation, des appels sont lancés sans délibération, des candidatures sont préparées dans l’ombre. Le texte récemment signé par Stéphane Troussel, comme l’appel de Karim Bouamrane, incarnent ce que la science politique désigne, depuis Maurice Duverger jusqu’à Katz et Mair, comme la logique du parti-cartel : une structure fermée, organisée non pour représenter les militants mais pour conserver le pouvoir au sein d’un réseau d’élus, de technocrates et de faiseurs de majorité silencieuse.
Un verrouillage de l’appareil
Ces contributions ne cherchent ni le débat, ni la confrontation loyale des idées. Elles visent à verrouiller l’appareil, à préempter le congrès, à empêcher l’émergence d’une ligne populaire, claire, indépendante. On ne parle plus aux militants, mais aux influenceurs internes. On ne pense plus en stratégie collective, mais en addition de rapports de force figés.
Le Parti socialiste devient (…) le véhicule passif d’une recomposition pilotée de l’extérieur.
Et pour quel projet ?Pour imposer, sans débat, la figure de Raphaël Glucksmann comme candidat de 2027. Un homme certes cultivé et engagé, mais sans ancrage dans le Parti socialiste, ni dans son histoire, ni dans ses dynamiques de terrain. Sa candidature est portée par des réseaux extérieurs, adoubée sans processus démocratique, imposée au nom d’une prétendue crédibilité médiatique qui, en réalité, dissimule…
Auteur: Pierre-Henri N’simba-Delezay

