Nous publions en trois parties une étude de Laurent Lévy sur les rapports du PCF avec le marxisme au cours des deux décennies de sa plus grande influence, les années 1960 et 1970, qui sont celles de sa lente « déstalinisation » : comment ce parti, qui se considérait comme étant « le parti de la classe ouvrière » considérait-il la théorie marxiste ? Quelle importance accordait-il à son développement ? Quel contrôle entendait-il exercer sur ce dernier ? Quel rôle a-t-il joué dans sa production ? Quelles étaient dans les différents domaines du marxisme les contributions respectives de la direction et des intellectuel·les militant·es ? Quelle était la place de la théorie dans l’élaboration de la politique du Parti ?
Cette étude conduit à nuancer l’idée suivant laquelle au XXe siècle le « marxisme occidental » se serait développé essentiellement en dehors du mouvement ouvrier. Elle est divisée en trois parties : la place de la culture marxiste et des débats philosophiques (1re partie) ; la théorie marxiste dans le domaine économique publiée ci-dessous (2e partie) ; la place de la théorie dans les réflexions stratégiques du Parti (3e partie), dans ce présent article.
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Renouvellement de l’historiographie du PCF
En 1966, à la même époque que le Comité central d’Argenteuil évoqué dans la première partie de cette étude et que la conférence de Choisy-le-Roi évoquée dans la deuxième, la direction du PCF crée un institut d’histoire, qui est baptisé Institut Maurice Thorez (IMT) en hommage au dirigeant disparu deux ans plus tôt. Conçu pour valoriser l’héritage de l’ancien secrétaire général (il avait occupé cette fonction de 1930 à 1964…), cet institut, qui publiera une revue trimestrielle, Les Cahiers de l’Institut Maurice Thorez, va devenir le laboratoire d’un complet renouvellement de l’historiographie interne du PCF.
Ce renouvellement n’est…
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