Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), reportage
Au milieu des pins et des oliviers, des odeurs de thym et de romarin s’échappent de la végétation. Sous un ciel morose, les premiers bourgeons apparaissent sur les arbustes et le sol rocailleux est parsemé de petites fleurs blanches typiques de la garrigue. Si le chant des cigales ne se fait pas encore entendre en ce début de printemps, le brouhaha des voitures est bien perceptible.
À l’ouest d’Aix-en-Provence, le plateau de Valcros fait figure d’exception. Enclavé entre les autoroutes A8 et A51, des entrepôts et des habitations, c’est l’un des derniers écrins préservés de la ville, mais plus pour longtemps. Le lieu va bientôt accueillir un nouveau quartier de 10 000 habitants, pour lequel les demandes de permis de construire seront déposées à partir de la fin de l’année.
Afin de construire 900 logements par an et respecter son plan local d’urbanisme, la municipalité a choisi de s’étendre vers l’ouest, se refusant à densifier davantage le centre-ville. La ZAC de la Constance sera comprise sur 98 hectares pour abriter 3 600 logements (dont 25 % de logement social) d’une hauteur de six étages maximum, des bureaux, des commerces, des écoles et des crèches.
Les risques écologiques balayés
La préfecture avait d’abord émis un avis défavorable, à cause des « risques sanitaires avérés dus à la proximité des axes routiers tels que les autoroutes A8 et A51 » et des « destructions d’espèces protégées », sans qu’ait été démontré « l’intérêt public majeur du projet ». Mais après quelques modifications — les bâtiments et établissements scolaires ont été éloignés de 20 et 100 mètres des autoroutes et des systèmes de filtration de l’air seront prévus — l’enquête publique a donné un avis favorable et le préfet a signé le 19 mars l’arrêté autorisant la ville à engager les travaux d’aménagement. Des…
Auteur: Jeanne Cassard, Maïté Baldi

