Jean-Marie Le Pen est mort ce 7 janvier 2025, à l’âge de 96 ans. On pensait que ce serait un jour de fête, mais est-ce vraiment réjouissant ?
Le vieux fasciste s’est éteint paisiblement à un âge très avancé, alors que le parti qu’il a fondé est au sommet de sa puissance, et sans jamais avoir été jugé pour ses crimes. Il est mort, mais ses idées restent bien vivantes.
D’ailleurs, tous les médias rendent déjà hommage à cet infatigable politicien d’extrême droite. Les plus modérés parlent de ses «dérapages», alors qu’il s’agissait d’une idéologie parfaitement assumée, et les plus réactionnaires décrivent sa vie comme une belle aventure qui a «marqué la Cinquième République». Revenons sur son parcours.
Né dans une famille bretonne, étudiant à Paris après-guerre, il participe dès sa jeunesse aux bagarres contre les militants de gauche et milite auprès de l’Action Française, groupuscule antisémite et pétainiste. Dans l’armée, il s’engage dans les deux grandes guerres coloniales du moment : il arrive en Indochine en 1954, comme sous-lieutenant dans un bataillon de parachutistes, puis en Algérie en 1957. Deux guerres perdues par la France, mais qui ont causé des rivières de larmes et de sang. Entre les deux, il est élu député de la liste d’extrême droite de Pierre Poujade.
En 1957, Jean-Marie Le Pen reste 3 mois en Algérie, pendant lesquels sa mission est de se «rendre au domicile de “suspects”, accompagné d’une escouade de parachutistes». Il pratique la torture et l’enlèvement d’indépendantistes algériens, ou supposés comme tels. Au domicile d’un homme arrêté, il oublie son poignard : un couteau des Jeunesses Hitlériennes retrouvé par l’enfant de la famille. Sur le fourreau de ce poignard, le propriétaire a fait graver son nom. On peut lire : «J. M. Le Pen, 1er REP». Après-guerre, il assume «Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire»….
Auteur: B

