Cayenne (Guyane), correspondance
« Un choc » et une « amertume profonde » face à « l’hypocrisie et la lâcheté » d’une « gauche bien-pensante » et « dogmatique ». Après le détricotage en commission parlementaire, le 3 juin, de la proposition de loi visant à relancer l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer, les parlementaires guyanais n’avaient pas de mots assez forts pour acter leur rupture avec la « gauche française ».
Ce texte, toujours inscrit à l’ordre du jour du 11 juin, lors de la niche parlementaire du groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR), où siègent communistes et ultramarins, entend déroger à la loi Hulot de 2017, perçue localement comme un « verrou colonial ». De même que les macronistes, les groupes de gauche se sont positionnés contre, refusant de suivre leurs habituels alliés de la GDR, au nom, notamment, de la défense des engagements écologiques pris par la France à l’international.
Le rapporteur du texte, l’indépendantiste guyanais Jean-Victor Castor, pourfendeur régulier du « colonialisme vert », a aussitôt dénoncé les « écolonialistes inconscients » qui refusent le « développement » de la Guyane et font fi des réalités locales.
Un retard structurel
Ce département, où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, compte (avec Mayotte) parmi les territoires les plus carencés de France, tant en matière d’éducation, de logements, de santé que de transports avec, en prime, une population en forte croissance. Dans ce contexte, l’enjeu climatique passe sans surprise au second plan et la perspective de subsides pétroliers, aussi incertains soient-ils — Patrick Pouyanné (TotalEnergies) lui-même ayant estimé qu’il n’y avait pas « d’hydrocarbures accessibles » dans les eaux guyanaises — fait rêver.
La Guyane voit déjà ses ressources naturelles…
Auteur: Enzo Dubesset

