Bourg-Saint-Maurice (Savoie), reportage
Paroles, paroles et encore des paroles. Jeudi 20 mars, Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition écologique, est venue à Bourg-Saint-Maurice à l’occasion du festival Agir pour les glaciers, qui dure trois jours. Les organisatrices et organisateurs s’attendaient à des annonces concrètes pour protéger ces châteaux d’eau des montagnes. Ils ont été déçus.
La ministre a commencé par réaffirmer la volonté du gouvernement de placer 100 % des glaciers français « sous protection forte à l’horizon 2030 ». Une annonce déjà faite par Emmanuel Macron en novembre 2023 lors du One polar summit qui manque aujourd’hui de traduction juridique et d’application sur le terrain.
Un exemple : cette protection totale pourrait-elle empêcher la construction d’un troisième tronçon de téléphérique sur le glacier de la Girose, au-dessus de la Grave, dans les Hautes-Alpes ?
Des « capteurs » pour repérer les points de vulnérabilité
Ce projet, bloqué depuis une occupation des Soulèvements de la Terre, n’a pas été abandonné. Interrogée sur le sujet, la ministre a botté en touche. « Ce dossier est particulier. Je n’en ai pas pris connaissance personnellement. Il n’y a pas de décision immédiate », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse donnée sur la terrasse d’un restaurant dans la station de ski des Arcs.
Pour éviter d’autres catastrophes comme celles de La Bérarde, ce village englouti par une crue exceptionnelle, elle estime qu’il faut « améliorer notre culture collective du risque ». Grâce à un plan sur les risques d’origine glaciaire et périglaciaire, elle souhaite accompagner les élus locaux pour mettre en place des capteurs et repérer les points de vulnérabilité, « pour que ce qui devrait arriver ait le minimum d’impact sur nos vies ».
Auteur: Laury-Anne Cholez

