Le PIB est un indicateur obsolète pour mesurer la santé de l’économie: il ne tient compte ni de celle des personnes ni de celle de la planète

Les sciences économiques et les politiques économiques doivent être repensées. L’ampleur des inégalités, du chômage, de l’insécurité et des catastrophes environnementales que nous observons dans le monde le montre clairement.

Les gens se sentent laissés pour compte, appauvris et sans voix. Ils se tournent vers des hommes forts ethno-nationalistes pour charcher de l’aide. Les mouvements et les gouvernements de droite se développent.

En tant qu’économiste ayant écrit pendant de nombreuses décennies pour démystifier les approches néoclassiques de la pensée économique, je pense qu’il existe des preuves évidentes que les idées et les politiques dominantes ne fonctionnent plus.

Les approches dominantes de la politique économique se concentrent sur quelques objectifs restreints, tels que l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) ou la suppression de l’inflation. L’utilisation du PIB depuis la fin des années 1940 pour comprendre la santé d’une économie a été critiquée. Ce qu’il faut, c’est une compréhension plus précise de l’impact global des politiques macroéconomiques, qui tienne compte du travail rémunéré, non rémunéré et non marchand. Les variables économiques standard utilisées par le courant économique dominant ne tiennent pas compte de tous ces éléments.

Les politiques traditionnelles ne tiennent pas compte de l’impact considérable du travail non rémunéré sur le PIB. Selon l’Organisation internationale du travail, on estime à 16,4 milliards le nombre d’heures consacrées chaque jour aux soins non rémunérés. Cela équivaut à 2 milliards de personnes travaillant 8 heures par jour sans rémunération.

La notion de croissance économique est également inadaptée pour évaluer les progrès de bien-être social. Bien que la croissance du PIB puisse être une mesure utile de l’activité économique, la croissance elle-même ne garantit pas des progrès en termes de pauvreté, de santé ou d’emploi. La…

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Auteur: Radhika Balakrishnan, Professor Emeritus, Rutgers University

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