Le plan Condor consiste en un vaste programme de répression politique mis en oeuvre dans différentes dictatures d’Amérique Latine, en lien avec les États-Unis, entre 1969 et 1981. La lutte contre la « subversion » est alors un enjeu majeur au moment où les mouvements révolutionnaires et les guérillas se multiplient sur le continent. L’alliance des services secrets du Chili, de l’Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay, conduisit à la surveillance, la torture et à l’assassinat des opposant.es.
Dans cet ouvrage traduit et publié récemment aux éditions Syllepse, et dont nous publions ici l’introduction, Francesca Lessa montre les formes de collaboration transnationale entre ces services secrets, mais elle insiste surtout sur la quête de justice qui a conduit les victimes de la répression et leurs familles à agir également de façon transnationale pour obtenir vérité et réparation.
Valparaíso de terremotos y escaleras
donde cada escalón es una casa en ascuas
Valparaíso de marineros y mercados
y costas de agua helada y transparente
había acogido a Anatole y Eva Lucía
cuando en diciembre del setenta y seis
aparecieron en la plaza O´Higgins
a la deriva y tomados de la mano.
Mario Benedetti, Ni colorín ni colorado[1]
Le matin du 22 décembre 1976, place O’Higgins, dans la ville portuaire de Valparaíso, au Chili, une petite fille et un petit garçon descendent d’une voiture noire aux vitres teintées. Le propriétaire de l’aire de jeux située sur la place laisse les enfants, qui sont tout seuls et se tiennent par la main, y jouer, mais le temps passe et personne ne vient les récupérer. Après plusieurs heures, le propriétaire, de plus en plus inquiet, appelle les carabiniers, la police chilienne,…
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Auteur: redaction

