Pour l’instant, en effet, l’Ukraine n’est autorisée à frapper avec du matériel de guerre occidental que des cibles situées dans les territoires occupés (y compris la Crimée) et à proximité immédiate de la frontière, mais pas au-delà. La plupart des bases militaires, des aéroports et des dépôts russes sont donc hors de portée et, à l’exception des lancements de drones, l’Ukraine n’a aucun moyen de les attaquer. Ces derniers jours, nous avons vu que l’Ukraine a pu frapper, avec de graves conséquences, certains dépôts de munitions russes situés à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière, mais il est évident que la possibilité d’utiliser des missiles, et pas seulement des drones, lui permettrait d’obtenir des résultats beaucoup plus concrets et de forcer la Russie à déplacer ses principaux centres logistiques beaucoup plus loin du front, avec les conséquences négatives évidentes que cela impliquerait pour sa machine de guerre.
L’obtention de cette autorisation est l’un des points clés du nouveau plan de paix ukrainien, appelé avec optimisme « plan de victoire », que Zelensky présentera lors de sa visite aux États-Unis, qui vient de commencer, à Biden, ainsi qu’à Harris, Trump, au Congrès des EU et probablement à l’Assemblée générale de l’ONU (Lien 1). Le contenu de ce plan n’a pas été divulgué en détail, mais d’après ce que Zelensky a anticipé dans une interview avec Fareed Zakaria de CNN, diffusée le 15 septembre, il y a essentiellement quatre points et ils concernent la sécurité de l’Ukraine, sa position géopolitique, le soutien militaire occidental et, précisément, la liberté d’utiliser le matériel reçu. Un cinquième point, une fois la guerre terminée, concernera la situation économique du pays. Si, donc, l’idée de la victoire sur le terrain et du rétablissement des frontières ukrainiennes de 1991 semble avoir été mise de côté, le fond n’a pas…
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Auteur: Francesco DALL’AGLIO
