Taper sur les précaires n’aura donc servi à rien. On a eu beau l’écrire, avec d’autres, des dizaines de fois, donné la parole aux meilleurs spécialistes du sujet qui prédisaient ce résultat, mettre en avant des études plus que parlantes de la Drees, rien n’y a fait. La Macronie s’est enfermée dans une obsession : atteindre le plein-emploi d’ici à 2027. Et pour y arriver, toujours la même recette, utilisée, réutilisée et ré-réutilisée : affaiblir les droits des chômeurs et, par extension, de tous les salariés en général. Une politique de l’offre, largement chroniquée dans nos colonnes, dont les effets attendus et vendus par les décideurs macronistes ne cessent de se fracasser sur la réalité.
Ce mardi 10 février, l’Insee a publié les nouveaux chiffres du chômage. Et la tendance observée ces derniers trimestres se poursuit. En atteignant 7,9 %, le taux de chômage remonte fortement et est à son plus haut niveau depuis la période covid. Une forme de paradoxe pour Emmanuel Macron, qui s’est longtemps targué – bien aidé par ses soutiens – d’être le président qui atteindrait le plein-emploi [qu’on définit comme un taux de chômage inférieur à 5 %, N.D.L.R.].
Mais la fin de règne est de plus en plus laborieuse. Et, alors que François Hollande avait été le président ne réussissant pas à inverser assez vite la courbe du chômage – ce qui avait plombé ses chances d’envisager de se représenter – Emmanuel Macron sera donc celui qui aura réussi son inversion… mais dans le mauvais sens.
Un comble quand on se rappelle comment ce président était présenté comme celui qui relancerait un marché du travail « entravé » par toutes les normes sociales et par les droits sociaux – bien trop importants en France, selon les néolibéraux. Deux quinquennats, des ordonnances détricotant le Code du travail, trois réformes de…
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

