Alors que je quittais l’Université des Communes de Tocuyito, après une visite joyeuse et enrichissante, un jeune professeur, l’air grave, s’est approché de moi et m’a prise à part. Très discrètement, il m’a demandé ce qui allait se passer. Plusieurs étudiants étaient terrifiés à l’idée d’un changement de régime et craignaient, eux qui étaient considérés comme de jeunes leaders socialistes du mouvement communal, d’être emprisonnés, torturés et exécutés.
Ce fut un brutal retour à la réalité après une journée formidable dans cette jeune université. Mais la réalité est bien réelle. J’avais rencontré au ministère des Affaires étrangères des diplomates sérieux et professionnels qui savaient précisément dans quelle partie des montagnes ils se réfugieraient, fusils d’assaut à la main, si la droite arrivait au pouvoir, et qui étaient résignés à une vie de guérilla, avec leurs conjoints et leurs enfants. Je n’ai rencontré personne qui doute qu’un changement de régime à Caracas entraînerait des massacres immédiats de militants de gauche et une longue guerre civile. Presque tout ce qu’on vous raconte en Occident sur le Venezuela est faux, et le plus gros mensonge est de prétendre que Machado, Guaidó et leurs alliés sont démocrates ou libéraux. Ils ne le sont pas, et ils ont des liens familiaux et politiques directs avec les régimes meurtriers soutenus par la CIA qui ont précédé l’arrivée au pouvoir de Chávez. Ils ont aussi de nombreux comptes à régler : la famille de Machado, par exemple, contrôlait le secteur de l’électricité avant sa nationalisation.
Un très grand nombre des « prisonniers politiques » qui préoccupent tant l’Occident ont participé à des tentatives de coup d’État militaire ou d’insurrection violente, dont la tentative grotesque de Guaidó en 2019 n’était que la plus médiatisée. Après les élections contestées de 2024, nombre de ces…
Auteur: Craig MURRAY

